La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cultuels

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Argon
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Re: Temple Boudhiste et Mosquée ça se précise

Message par Argon » 15 avr. 2010, 08:05

Christophe le témérraire :lol:
Merci pour les photos je vois mieux où c'est maintenant.

GoodTimes
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Re: Temple Boudhiste et Mosquée ça se précise

Message par GoodTimes » 14 juil. 2010, 20:06

Après de nombreuses années d’efforts faits par les moines et les croyants, un terrain de construction réunissant toutes les conditions demandées pour le monastère a enfin été trouvé à Bussy Saint Georges (77) en banlieue parisienne.
Ce monastère servira à une aire d’éveil pour que les croyants en Ile de France puissent cultiver leur corps absolu et leur vie de sagesse, il servira aussi comme un pont qui lie les cultures orientales et occidentales.

Pour rendre effectif le grand vœu du Vénérable Maître Hsing Yun d’ « indigénisation des monastères », le futur Monastère Fo Guang Shan sera une aire d’éveil combinant tradition et modernisation
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Christophe

Re: Temple Boudhiste et Mosquée ça se précise

Message par Christophe » 15 juil. 2010, 11:12

Oui par contre par certain qu'il y ait autant de verdure autour comme sur les plaquettes.

ça serait pourtant plus joli.

kabra

Re: Temple Boudhiste et Mosquée ça se précise

Message par kabra » 26 sept. 2010, 13:56

c'est une bonne chose qu il y ait une mosquée juxtaposée avec un temple boudhiste

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Bertrand
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Re: La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cult

Message par Bertrand » 13 avr. 2011, 09:06


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Nico
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La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cultuels

Message par Nico » 27 déc. 2011, 20:34


Extrait du journal de TV77 du 10/06/2011

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Nico
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Re: La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cult

Message par Nico » 27 oct. 2012, 15:01

SaphirNews a écrit :La ville de Bussy-Saint-Georges met en place un espace dédié aux lieux de culte. Deux pagodes, une synagogue et une mosquée vont cohabiter à partir de 2012.
Un espace multiconfessionnel dédié aux activités cultuelles et culturelles verra le jour à Bussy-Saint-Georges en 2012. Est prévue l'ouverture de deux pagodes, d'une synagogue et d'une mosquée, avec un parking commun.

Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) est une des villes nouvelles qui se développent dans l’aire de Marne-la-Vallée. Son expansion démographique – multiplication par onze du nombre d’habitants entre 1990 et 2005 – n’est pas due qu’à l’exode rural : 50 % des 21 000 Buxangeorgiens sont d’origine étrangère, dont une majorité venue d’Asie.

On y trouve déjà une stèle en hommage aux boat people vietnamiens, une avenue Yitzhak-Rabbin ou un rond-point de Saïgon. La diversité religieuse a interrogé Hugues Rondeau, maire de la commune (Parti radical) depuis 1998.

« Les politiques ne peuvent pas faire l’impasse sur le fait religieux, explique-t-il. Plutôt que de prêter des salles ponctuellement, j’ai voulu globaliser les demandes des communautés. Après avoir rencontré les représentants des communautés, j’ai souhaité dédier un espace aux activités cultuelles et culturelles. »

Un projet unique, classé au patrimoine religieux de l’Unesco
L’accueil des intéressés étant positif, la commune a prévu ce site au cœur du nouveau parc urbain du Sycomore, aujourd’hui lieu de promenade : 4 000 logements et des commerces sur 70 hectares.

L’an prochain vont ainsi voir le jour deux pagodes bouddhistes (taïwanaise et laotienne), une synagogue et une mosquée. Juifs et musulmans pratiquent aujourd’hui dans des préfabriqués, tandis que les bouddhistes doivent rejoindre Vincennes. Les communautés sont invitées à jouer collectif : le parking sera commun, aucune barrière ne séparera les lieux et la mosquée sera édifiée en face de la synagogue.

« Nous souhaitons que ces bâtiments soient visibles par tous, que la population perçoive dans les religions un facteur de stabilité et de rayonnement. Cet espace va aussi attirer du monde chez nous. »

Plutôt qu’une spécialité culinaire ou un énième festival de jazz, Bussy-Saint-Georges va disposer d’une vitrine originale : la cohabitation religieuse. Ce projet, unique en Europe, lui vaut un classement au patrimoine religieux de l’Unesco.

Si elle a aidé à l’acquisition des terrains aux meilleurs conditions, la commune, conformément à la loi de 1905, n’a financé aucun des projets. Mais elle a surveillé de près le montage financier des quatre dossiers, menés « avec des associations locales que nous connaissons bien », selon Florent Perez, directeur de cabinet du maire. La pagode Fo Guang Shan a fait jouer la solidarité de son réseau mon­dial. La pagode laotienne et la mosquée sont principalement financées par des dons, comme la synagogue, laquelle a été soutenue par le Consistoire de Paris.

« Nous avons posé des conditions architecturales strictes. Nous ne voulions pas de caricatures du fait religieux, mais des formes compatibles avec notre région et notre culture judéo-chrétienne », précise le maire. Ainsi, le minaret de la mosquée sera simplement suggéré par un petit élancement et la coupole sera discrète. La pagode Fo Guang Shan est conçue dans le style contemporain, car « nous ne sommes pas à Taïwan », affirme Hugues Rondeau.

Hormis quelques voix d’extrême droite opposées à la mosquée, le projet n’a pas rencontré de contestation.

« Nous dessinons sur une page vierge »
Une préfiguration d’une possible évolution dans la prise en compte du fait religieux ? Les promoteurs du projet reconnaissent que les conditions sont favorables. Avec 33 % de cadres, et 22,3 % de professions intermédiaires, la population dispose de revenus supérieurs à la moyenne de la région et du pays.

L’intégration sociale met à l’abri de certaines tensions qu’exa­cerbent parfois les informations ve­nues du Moyen-Orient. « Notre ville n’a pas d’identité forte. Personne n’est d’ici et nous dessinons sur une page vierge », ajoute le maire, cons­cient que le modèle n’est pas transposable partout. Pourtant, des émissaires d’autres communes observent l’expérience.

Début 2012 est prévue l’ouverture de la pagode Fo Guang Shan, les centres israélite et islamique arriveront en fin de cette même année, comme le monastère bouddhiste laotien. Des projets de temple protestant chinois et de centre arménien orthodoxe avancent pour occuper les deux places restantes. Et les catholiques dans tout ça ? Ils disposent de l’église Notre-Dame du Val, depuis 1997.

Source: SaphirNews
Rédigé par Philippe Clanché, le Samedi 10 Décembre 2011
SaphirNews a écrit :Mosquée de Bussy-Saint-Georges : 500 000 € à trouver ou la vente annulée
La future mosquée de Bussy-Saint-Georges, Seine-et-Marne, se heurte à un problème de financement. L’association Tawba en charge de la mosquée a lancé, sur son site internet, un appel urgent aux dons pour pouvoir achever les constructions avant décembre 2012. Dans le cas contraire, la vente sera annulée selon l'acte notarial signé en 2010.

« Il nous manque encore 500 000 € », peut-on lire sur le site. Un délai supplémentaire à Epamarne, l’établissement public chargé de développer Marne-la-Vallée, a été réclamé. L’association pourrait bénéficier d’une nouvelle échéance, fixée à fin 2013 à la condition qu’un bâtiment hermétique soit mis sur pied à la fin de l'année 2012, selon Epamarne.

A cette fin, l’association Tawba se mobilise pour recueillir le reste de la somme manquante au financement, évalué à un demi-million d’euros. En plus de la création d’un compte PayPal sécurisé son site Internet, l’association se déplace dans plusieurs mosquées de France pour plus amples soutiens à son projet.

Source: SaphirNews
Rédigé le Vendredi 19 Octobre 2012
La Croix a écrit :A Bussy-Saint-Georges, un « quartier cultuel » sort de terre
Jusqu’ici célèbre pour son golf municipal, la ville de Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, sera probablement bientôt connue aussi pour son « esplanade des religions » . Ce vaste projet initié par la mairie de cette ville nouvelle de l’Est parisien prévoit la construction de plusieurs lieux de culte sur une même parcelle.

Deux pagodes lao et taïwanaise seront inaugurées avant la fin de l’année. La seconde, dont le chantier est le plus abouti aujourd’hui, abrite déjà un bouddha de six mètres de haut et de près de dix tonnes, installé dans la principale salle de prière. Protégé par un sarcophage de bois et de plastique en attendant l’inauguration prévue en mai, il semble veiller sur les soudeurs et les maçons qui s’affairent autour de lui. À quelques mètres, la mosquée, dont le chantier est lui aussi bien avancé, fera bientôt face à une synagogue, dont les plans viennent d’être validés. Un centre culturel arménien et une église évangélique chinoise doivent compléter ce projet.

Un projet permis par la situation de cette ville-champignon, dont la population est passée de 500 habitants dans les années 1980 à près de 30 000 aujourd’hui, et la volonté de son maire, Hugues Rondeau. Aux commandes de la ville depuis 1996, l’élu radical a vu sous sa magistrature 7 000 logements se construire. « Personne n’est originaire de Bussy-Saint-Georges », rappelle l’édile, dont la ville, « incroyablement cosmopolite », accueille 40 % d’habitants originaires de la zone Pacifique.

MUTUALISER LES MOYENS
Le maire avait déjà soutenu la construction de l’église Notre-Dame du Val il y a treize ans. Mais, pour les bouddhistes, qui doivent se rendre jusqu’à la pagode de Vincennes, les musulmans et les juifs qui se réunissent dans des préfabriqués, aucun lieu n’était encore prévu. « Plutôt que de procéder de manière empirique en répondant séparément à chacune des communautés, j’ai préféré proposer un modèle commun, qui permettait de mutualiser des moyens, comme les parkings », explique le maire, qui a en tête de faire de sa ville une « vitrine de la laïcité intelligente » . Concrètement, la mairie a soutenu les différentes communautés en leur offrant des terrains à bas prix, 50 € le mètre carré, soit deux fois moins cher que le prix du marché. Mais le coût de la construction, lui, est assumé par les dons des fidèles.

À terme, ce « quartier cultuel » – selon la formule de la mairie - intégrera 4 500 logements tout autour des lieux de culte pour accueillir les 1 000 habitants supplémentaires qui continuent d’arriver chaque année.

Plus que l’image de la ville, le projet est, pour Guy Benarousse, membre de l’association juive locale, « J’buss », l’occasion de construire un dialogue interreligieux unique. « C’est très important que ces lieux de culte deviennent des lieux d’échange. Nous allons apprendre à nous connaître, sans chercher à nous convaincre ou à nous convertir », assure celui qui représente la plus petite des communautés associées au projet. Chacun des édifices comportera une partie culturelle, en plus des salles de culte.

« PARC INTERRELIGIEUX »
Dans la commune, les seuls regards négatifs se sont posés sur la construction de la mosquée. Pour prévenir ces critiques, la mairie a été « attentive à ce que l’architecture des lieux de culte s’intègre dans le paysage de la ville », glisse Florent Perez, directeur du cabinet du maire. L’aspect oriental des pagodes est discret. Le minaret, qui commence à se dessiner sur la structure de la mosquée, fera corps avec le bâtiment. « Le fait d’intégrer deux lieux de culte bouddhistes, une religion minoritaire qui est rarement stigmatisée, a certainement facilité le projet », complète Anne-Sophie Lamine, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, spécialiste de la diversité religieuse.

Le centre de Bussy est situé à dix minutes du parc d’attraction d’Eurodisney. Une proximité dénoncée par ceux qui craignent une forme de consumérisme religieux. Pour le directeur du cabinet du maire, la critique n’a pas lieu d’être : « Le projet est local. Il s’adresse uniquement aux attentes des communautés existantes de Bussy. » La mairie a ainsi rejeté la demande de construction d’un temple mormon, finalement accueilli au Chesnay, près de Versailles.

Déjà dotés d’une église, les catholiques n’ont pas été associés au projet. Sollicité sur la pertinence du projet de la mairie – qu’il qualifie de « parc interreligieux » –, le P. Pierrick Lemaître, prêtre de la Mission de France et curé de Bussy-Saint-Georges, se montre prudent : « Ce n’est pas parce qu’on met les gens à côté les uns des autres qu’ils vont se rencontrer. »

Et cette partie du travail – « la rencontre d’abord, puis le dialogue interreligieux » –, ce n’est pas « à la mairie de s’en occuper : elle relève de la responsabilité des cultes eux-mêmes » . L’équipe d’animation pastorale de Bussy est « prête », quant à elle, pour cette rencontre, des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec le responsable de la communauté musulmane. Elle a également prévu, dans la paroisse, un « cycle de formation sur l’interreligieux » . « Parce que, si on veut dialoguer, il faut d’abord que chacun soit au clair avec son identité », résume le P. Lemaître.

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UN MODÈLE DÉJÀ CONNU HORS D’EUROPE
« En France, voire en Europe, ce projet est unique » , constate la chercheuse Anne Fornerod, spécialiste du droit des religions, invitée fin novembre par le conseil municipal à intervenir au colloque qu’il organisait sur « Les religions dans la ville ». À ses yeux, seuls l’implantation d’une église luthérienne sous le même toit qu’une mosquée dans la ville de Nacka, à l’est de Stockolm, en Suède, ainsi que le quartier interreligieux de Tbilissi, en Géorgie, sont comparables au projet buxangeorgien.

Dans le monde en revanche, ce type de projets est déjà bien connu. Ainsi, dans certains pays du Golfe, les autorités prévoient un espace, hors de l’agglomération, où sont regroupées les différentes églises ou temples pour les chrétiens, minoritaires dans ces pays. Aux États-Unis, de même, ces centres plurireligieux sont courants.

Source: SaphirNews
Rédigé par JULIEN DURIEZ, le 01/02/2012

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Re: La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cult

Message par Nico » 30 oct. 2012, 21:05


Extrait du journal de Canal Coquelicot du 29/10/2012

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Re: La + grande pagode d'Europe à Bussy ?/Nouveaux lieu cult

Message par Nico » 05 déc. 2012, 16:56

Liberation.fr a écrit :Bussy de tous les saints

En Seine-et-Marne, le maire de Bussy-Saint-Georges a voulu un quartier accueillant des lieux de prière de diverses confessions. Mais les communautés peinent à rassembler les financements nécessaires à la construction de leur bâtiment.

A Bussy-Saint-Georges, mieux vaut oublier le plaisir de la courbe. Dans cette ville nouvelle de Seine-et-Marne, tout est rectiligne : la progression démographique (900 habitants il y a vingt ans, 25 000 aujourd’hui et 40 000 prévus en 2025), les immeubles qui se dupliquent, les rues et les avenues à angle droit. Tout est bien rangé. Y compris, à l’avenir, les religions. Ainsi le veut Hugues Rondeau, le maire UDI (Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo) de Bussy, qui a décidé la création d’un «quartier cultuel» sur une douzaine d’hectares, à une quinzaine de minutes à pied de la gare RER desservant sa ville. Là, s’aligneront côte à côte un monastère bouddhiste taïwanais, une pagode laotienne également bouddhiste, une synagogue, une mosquée, un temple protestant évangélique chinois et un centre culturel arménien. Le maire a prévu une place pour chacun ou presque.

Premier quartier cultuel

Dans son bureau à la mairie, au vieux village de Bussy, le soir tombe, il est pressé. Bronzage parfait même si l’été s’est déjà éloigné, une allure de play-boy qui sait prendre la pose pour les photos, un discours rodé. En juin, la presse a défilé, et même quelques journaux américains. Le maire est fier de son quartier cultuel, le premier du genre en France, dit-on, qui évoque le «théodrome», le «théopôle» ou la ZAR - zone d’activité religieuse, on hésite sur le nom du concept. Hugues Rondeau préfère, lui, l’appeler «esplanade des religions», lieu de «dialogue entre les confessions religieuses et les cultures», dit-il, «ciment entre des communautés disparates» qui vivent dans sa ville en expansion.

Dans le prolongement du parc du Génitoy, vaste espace vert figurant le «poumon» du centre-ville, comme le vante la municipalité, le quartier cultuel est encore un chantier. Au milieu d’autres chantiers. Car à Bussy, on construit frénétiquement. Depuis juin, des immeubles d’habitation ont déjà surgi autour du futur théodrome dont toutes les parcelles sont déjà réservées. Sauf une. A qui ira-t-elle ? Hugues Rondeau a l’esprit ouvert. Approché par les mormons qui souhaitaient construire là leur plus grand temple d’Europe, il a décliné l’offre. «Il n’y a pas de mormons à Bussy-Saint-Georges», lâche-t-il. Et si les témoins de Jéhovah se présentaient ? Il n’y serait pas opposé, répond-il.

Si les logements poussent comme des champignons, le quartier cultuel peine à sortir de terre. Son achèvement est prévu pour la fin 2013, mais pour l’heure, le seul édifice terminé est le monastère bouddhiste taïwanais, vaste ensemble de 6 500 m2. La construction de la pagode laotienne et celle de la mosquée prévue, elle, sur 2 000 m2, sont presque à l’arrêt, tandis que la synagogue (1 100 m2), le centre culturel arménien et l’église évangélique chinoise demeurent au stade de projet.

L’idée d’un tel rassemblement confessionnel a germé en 2004 dans la tête de l’édile. Il se définit lui-même comme catholique pratiquant : «Je vais à la messe toutes les semaines, parfois même plusieurs fois par semaine, car j’ai beaucoup à me faire pardonner.» Pourtant, les catholiques seront absents du futur quartier cultuel, observe-t-on. C’est qu’ils ont construit, il y a treize ans à peine, une nouvelle église au centre de la ville nouvelle pour remplacer celle du vieux village briard. «De toute façon, je ne sais pas s’ils auraient accepté de se joindre aux autres», reconnaît Hugues Rondeau. Côtoyer les autres religions n’est pas un problème pour l’Eglise catholique. Mais, s’inscrire dans un tel espace aurait été reconnaître symboliquement qu’elle n’était plus, en France, qu’une religion parmi les autres…

Curé de la paroisse catholique, Pierrick Lemaître se réjouit que son église soit en centre-ville. «La rue des religions, c’est un concept très américain. Nous ne sommes pas habitués à cela. Le danger, c’est que les religions soient parquées dans leur coin», dit-il.

Les autres responsables religieux ont saisi l’opportunité offerte à Bussy : les terrains, d’anciennes terres agricoles, ont été cédés par Epamarne, l’aménageur public, à des conditions avantageuses. Le coup de pouce est appréciable : en région parisienne, le foncier est bien souvent trop cher pour des communautés religieuses en mal de nouveaux lieux de prières. Toutefois, une fois le terrain acquis, il appartient à chaque culte de financer la construction de son édifice, conformément à la loi de 1905. Et c’est là que le projet patine : la plupart des communautés qui ont investi à Bussy peinent à rassembler les fonds nécessaires.

Seuls les bouddhistes taïwanais ont vraiment bouclé leur affaire. Leur monastère, inauguré cet été, s’impose dans le paysage, étonnant : un cube de bois, de béton et de verre à l’architecture contemporaine. Il comprend des locaux pour héberger nonnes et retraitants, deux salles de culte (dans l’une trône un bouddha de jade blanc géant, haut de cinq mètres et pesant huit tonnes), un espace culturel avec salles de cours, amphithéâtre et salon de thé. Crâne rasé, robe monacale marron, la Vénérable Man-Chien reçoit courtoisement, offre le thé. Après avoir vécu en Australie, en Allemagne et en Suisse, l’abbesse pour toute l’Europe du mouvement Fo Guang Shan («Montagne de la lumière de Bouddha»), créé dans les années 60, à Taiwan vient de s’installer en France. «Ici, ce sera notre quartier général européen», explique en chinois la Vénérable, traduite par une autre nonne.

Un tiers de la population est d’origine asiatique

Même si au moins un tiers de la population de Bussy-Saint-Georges est d’origine asiatique, la construction d’un immense monastère dans cette commune a de quoi intriguer. «Fo Guang Shan est un mouvement puissant et prosélyte, soutenu par des hommes d’affaires taïwanais», explique Dominique Trotignon, directeur de l’Institut d’études bouddhiques. Revendiquant un million et demi d’adeptes, il dispose de nombreuses implantations à travers le monde. Son arrivée dans l’Hexagone n’est pas totalement une surprise. Depuis une quarantaine d’années, la France est une sorte de terre promise pour le bouddhisme. Alors que cinq millions de Français se disent proches des religions orientales ou attirés par elles, nombre de mouvements y ont installé leur tête de pont à destination de l’Europe.

Souriante, la VénérableMan-Chien raconte que le monastère de Bussy, qui a coûté une quinzaine de millions d’euros, est très visité, même par des touristes étrangers, des Américains, par exemple, qui avaient lu des articles de presse. Cet après-midi-là, un habitant de Bussy-Saint-Georges sonne, demande à visiter le temple et s’extasie devant le bouddha géant. Aux vacances de la Toussaint, une soixantaine d’enfants, dont certains venaient de Londres, ont été accueillis pour une sorte de colonie de vacances. Et puis, le monastère organise des cours de chinois et d’informatique pour les habitants de la ville. Un succès, déjà. La Vénérable assure qu’ils ont dû refuser des inscriptions. «Fo Guang Shan est investi dans le travail social. C’est l’une de ses caractéristiques», explique Dominique Trotignon.

L’association Tawba, elle, n’a pas l’aisance financière de ses voisins bouddhistes. Créée en 2005, elle porte le projet de la mosquée de 2 000 m2, estimé à 1,5 million d’euros. «Quand nous sommes allés faire part au maire de notre volonté de construire une mosquée, il nous a répondu qu’il nous attendait», se souvient Driss Abouri, informaticien et vice-président de l’association. Hugues Rondeau explique qu’il a dû quand même essuyer une certaine hostilité de la part de ses administrés non musulmans. Mais rien qui puisse l’ébranler. Le besoin est là. Il y a très peu de mosquées dans les environs.

Une proximité symbolique

A l’extrémité du quartier cultuel, jouxtant une parcelle en friche d’herbes hautes, les structures déjà bien avancées de deux bâtiments en béton préfigurent ce que sera le lieu de culte musulman. A l’arrière, la salle de prière, prévue pour 400 fidèles, bénéficie d’harmonieuses ouvertures qui donnent une grande élégance à l’espace. Séparé par une cour, le second bâtiment, ouvert sur la rue, abritera des salles et là encore, un salon de thé. Car mission a été donnée aux religions installées sur le site d’avoir un espace ouvert à l’extérieur. «Pour le moment, nous prions dans un préfabriqué. Nous espérons pouvoir ouvrir d’ici à l’été prochain pour le ramadan et terminer les travaux à la fin de 2013», explique Driss Abouri. L’association avait espéré inaugurer la mosquée en décembre. Mais faute de moyens, les échéances ont déjà été reportées. Sans financements étrangers, l’association a fait la tournée des mosquées de l’Hexagone pour rassembler les fonds, une pratique bien rodée. L’été dernier, pendant le ramadan, l’association a ainsi collecté, dit-il, 200 000 euros. «Les musulmans sont très généreux pour aider à la construction des lieux de culte», explique Driss Abouri, qui cite un hadith du Prophète : «Quiconque construit une mosquée pour Dieu, Dieu lui construira une demeure au paradis.»

A côté du lieu de culte musulman, se construira une synagogue. Cette proximité est le fruit du hasard, sans que les uns ou les autres l’aient souhaitée ou aient manifesté, à l’inverse, d’hostilité. Mais elle prend une signification symbolique et donne un visage particulier au «vivre ensemble» souhaité par le maire. «Cela ne pose pas de problème tant que la sécurité est assurée, estime Moshe Abergel, l’un des responsables de l’association J’Buss, en charge du projet. Si cela continue dans l’esprit d’aujourd’hui, il n’y aura pas de soucis.» Pour l’heure, la petite communauté locale - 200 personnes et «beaucoup de couples mixtes», précise Moshe Abergel - se réunit, pour les prières, dans un préfabriqué. Pour construire la synagogue, il lui «reste» à trouver entre 400 000 et 500 000 euros. Un gala aura lieu en janvier 2013 pour collecter de nouveaux fonds.

A chacune des religions présentes sur le site, le maire a fait signer une charte. Chacun promet d’être ouvert à l’autre, d’être vecteur de culture. «C’est à nous de faire vivre tout cela», estime Driss Abouri. «A Bussy, tout est neuf. Nous n’avons pas d’histoire, argumente le père Pierrick Lemaître. Ce ne sont pas les bâtiments qui vont se rencontrer, mais les hommes.» Un jour, oui, peut-être.
Source: Liberation.fr
Article rédigé par BERNADETTE SAUVAGET